Diesel, slappeur professionnel

Publié le par M.

Vous le savez, la machine à baffes attribue les claques magiques, celles qui vous félicitent la pomette, au compte goutte. La tendance est plutôt au martinet chez nous. Seul une marque parvient à l'esquiver.... La très agaçante Diesel. Be stupid, hundred lovers...  jamais deux sans trois, il nous faut une fois de plus ranger notre cuillère en bois dans son tirroir : c'est une claque d'or que produira, une fois encore (c'en est presque lassant) la machine à baffes.

 

En début de semaine la marque de jeans nous a ravit de cette petite video que nous nous sommes empressées de faire tourner à tous les étages :

 


Concept marrant, réalisation irréprochable, packshot au petits oignons : une belle gifle en somme. Sans pour autant mériter la slap officielle. Jusqu'à la mise en ligne de Assland sur le site officiel :

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Une rubrique entière dédiée au ass kicking. Nous vous encourageons vivement à y faire un tour, c'est , vous y trouverez des video en nombre, une sélection des asses à kicker (en vrac : le troisième dictateur au monde, la starlette qui looz, le banquier au méga bonus, le voisin qui appelle toujours les flics....), une pétition pour lancer une nouvelle discipline olympique.... Bref les créas ont su dérouler la pelotte, et penser un dispositif global bluffant. On salue donc d'abord la richesse d'un concept aussi banal que le coup de pied au cul! Première slap.

La seconde, en bons planneurs que nous sommes, ira à la strat'. Et alors, là.... Les mots viendraient presque à nous manquer. Que dire, sinon souligner l'incroyable intelligence stratégique : les meilleures idées sont toujours les plus simples. Elle est ici évidente : anticiper le manque de légitimité d'une marque de vêtements, sur le créneau sneakers. Et oui Diesel, c'est avant tout des jeans. Partant de ce constat conso qui ne casse pas la pate du canard - qui depuis le temps devrait être cul de jatte- Diesel joue la carte de l'humilitié payante : l'ambition est en aucun cas d'aller concurrencer les vrais faiseurs de sneakers, ceux qui font de belles fesses, ceux qui enferment de l'air du vrai, non l'ambition est de parler à l'autre consommateur, celui qui préfère le smart au stupid, l'émotionnel au rationnel, le style et l'esthétique... Le consommateur Diesel, et puis aussi pourquoi pas le consommateur converse... qui a l'esprit rock & roll lui aussi. Donc pour lui plus que pour tout autre, Diesel assume sa posture de challenger et crie à qui veut l'entendre « Not made for running but great to kick asses ». Se rendant ainsi intouchable, inateignable par les critiques quelles qu'elles soient. Big bad slap donc, pour cette pertinence et cette simplicité qui fait vivre un nouvel ADN et repositionnement amorcé il y a plus d'un an, pour cette richesse stratégique qui engendre des créas si simplement surprenantes, amusantes, innovantes... En un mot Bravo Diesel. 
Merci à Olivier Mermet, source d'inspiration du billet.

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