What about six slaps a post?

Publié le par G.

One Slap A Post n'est pas peu fier de publier le premier billet du plus sexy des expat'! Merci à notre oeil de Moscou, slappy chroniqueur de l'Oural!

« Les Russes sont charmants, ils sont seulement peu disposés à le montrer. »

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Dobro pozhalovat’ ! Bienvenue !


Quand mon nouveau pote Stanislav prononça ses mots alors que je venais à peine de débarquer à Moscou, je ne pus m’empêcher de penser qu’il en rajoutait un peu. Pour m’impressionner. Tout comme j’en rajoute moi-même souvent des tonnes sur le manque d’amabilité de mes compatriotes lorsque mes amis américains se disent « choqués » par l’attitude des garçons de café parisiens.

Sauf que, dans le cas des Russes, Stas n’avait rien exagéré et j’allais rapidement comprendre que ses propos n’étaient rien de moins qu’un avertissement. Après un an à encaisser l’exécrabilité des Moscovites, jour après jour et sans broncher, je confirme. Si les Russes sont charmants – ce qui reste encore à prouver – ils ne sont pas disposés à le montrer. Vraiment pas.

Morceaux choisis sous forme de guide de survie à l’usage de l’inconscient qui déciderait de s’installer à Moscou sans trop savoir pourquoi.

 

1 - A l’entrée comme à la sortie du métro, on ne tient pas la porte derrière soi. On s’arrange, au contraire, pour que la personne qui suit se la prenne en pleine face.

2 - Au passage piéton, comme son nom l’indique, priorité aux conducteurs de Mercedes et autres Bentley qui n’hésiteront pas à faire un petit rappel à l’ordre à coup de klaxon ou d’appel de phares aux malheureux qui tenteraient de forcer le passage.

3 - Arrivé à la caisse, à l’épicerie du coin, on évite de dire bonjour et d’afficher un sourire, même discret. A quoi bon user sa salive et fatiguer ses zygomatiques alors qu’on sait très bien que la caissière ne lèvera pas le nez.

4 - Une heure d’attente avant d’être servi au restaurant. On ne se plaint pas, d’autant qu’on sait maintenant qu’il faudra patienter aussi longtemps, sinon davantage, pour obtenir l’addition.

5 - La préoccupation première du personnel d’un aéroport international, c’est bien connu, ce sont les passagers des vols domestiques. Aussi, n’imaginons pas qu’on répondra aux colonialistes assez grossiers pour s’exprimer dans une autre langue que le russe.

6 - Dans le métro, il faut monter d’un niveau pour aller récupérer sa correspondance, mais tous les escalators vont dans le sens de la descente en raison, vraisemblablement, d’une erreur de réglage. Comme si le burlesque de cette situation ne suffisait pas à égayer la journée, l’hôtesse du métro indique, avec le plus grand sérieux du monde, que la seule solution est de prendre une autre correspondance dans une station située à l’autre bout de la ville. On ne se pince pas pour tenter de se réveiller. On se souvient simplement qu’on est à Moscou et qu’on n'avait qu’à simplement se débrouiller, ce jour là, pour descendre plutôt que de monter.

 

Un an que ça dure, et je n’envisage toujours pas de repartir. Pas encore. Une chose est certaine, les garçons de café parisiens ne m’ont jamais paru aussi aimables que depuis que je vis à Moscou et que je ne reviens plus qu’à de très rares occasions dans une ville dont je n’oserais désormais plus me plaindre de la froideur de ses habitants.

 

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Mat 24/04/2010 20:28


Très bon... ça donne envie de venir te voir, en tout cas. Ne serait-ce que pour se ramasser une bonne vieille porte de métro dans la gueule.