NTM de coeur et de Yop

Publié le par S.

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De passage à l'île Maurice, quelle ne fut pas mon émotion en constatant qu'après tant d'années, les rois du rap FR old school, Didier Morville et Bruno Lopes, nous inspirent toujours. La preuve, cette publicité pour le célèbre yaourt à boire: la signature "Laisse pas traîner ton Yop" ne peut que sonner comme une douce ritournelle aux oreilles des vingt-cinq trente ans -avouez que vous avez envie de murmurer "ouhoooohoooouohhooooo".


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Outre une éventuelle nostalgie de ma part, de celle des créatifs et de la marque à l'origine de cette campagne, celle-ci est révélatrice de deux choses.

D'abord, elle témoigne du fait que le rap et NTM n'ont pas été et ne sont pas des épiphénomènes culturels voués à disparaître -désolée Eric Zemmour. Au contraire, cette publicité amène à penser que peu à peu, à mesure que la génération née dans les années 1980 prendra le pouvoir, le rap trouvera une place au panthéon des arts -et pas seulement chez ses rares défenseurs, pas forcément les plus jeunes, big up à Ardisson. Ici, le rap est déjà manipulé comme un référent culturel à même de créer une connivence entre Yop et ses consommateurs, a priori nettement plus jeunes que ceux qui auront imaginé ce slogan. Conclusion: NTM dépasse ici le statut de groupe générationnel et entraîne avec lui sa musique urbaine vers d'autres cieux -ceux des arts plutôt que de la sous-culture, j'insiste.

Ensuite, l'utilisation de NTM comme référent cuturel signale l'arrivée de la génération des années 80 dans la publicité -de même que l'utilisation d'un certain vocabulaire très marqué: le "castoche" de Castorama, qui n'est pas sans rappeler le "fastoche" de notre enfance. La roue tourne. Nous sommes ostensiblement dans la pub aujourd'hui, plus visiblement dans les media et les affaires demain, la politique un peu plus tard: we'll got the power. Et ça va faire slap, amigos. Alors pour fêter ça, un petit clip: mais qu'est-ce qu'on attend...?




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