M.I.A, son clip "Born Free" par Romain Gavras: pro-roux?

Publié le par S.

Le réalisateur Romain Gavras nous a habitué aux clips chocs. Que ce soit au sein du collectif Kourtrajmé fondé avec Chapiron -on se souvient de la B.O de Sheitan Gentiment je t'immole; ou qu'il se débrouille tout seul -remember le  clip de Justice qui avait déclenché une forte polémique, Stress?; Gavras sait faire du buzz -du ramdam, pardon. En gros, Romain, c'est un gros fouteur de claques, un bon slapman. Et pour la venue du beau temps il a décidé d'en redistribuer une fournée.


Comment? Avec le nouveau titre de M.I.A, diffusé sur la toile depuis quelques jours. Si la chanson n'a, je trouve, pas un grand intérêt -je me souviens à peine de l'air; le clip lui... Tourné dans une atmosphère très opressante, on y voit des représentants de l'ordre public -soldats? policiers armés jusqu'aux dents?, faire la chasse aux roux. Ils les arrêtent, les regroupent dans des bus... Et leur font violemment la peau. Beurk. Mais comme Gavras est un réalisateur doué, même quand le roux explose sur une mine, c'est beau -si, si: 





Bon alors, elle est où la claque? Gavras fait encore dans de l'ultra violent esthétisé, so what? Réponse: dans l'interprétation! La double lecture: c'est là qu'est le rose à joue, là que ça slappe!


Comme pour Stress où il était possible de lire le clip de plusieurs manières -"j'vous l'avais dit, les ados fils d'immigrés sont des délinquants ultraviolents" ou "voilà ce qu'on nous montre, tout au long de l'année, sur la jeunesse d'origine immigrée: une violence hypertrophiée qui en devient quasi fascinante"; ici, le titre de M.I.A -"né libre", offre plusieurs interprétations. Soit -lecture basique, Gavras a la haine des roux. Mouais. Soit, à l'inverse, le réalisateur s'inscrit dans la vague du "siècle roux" -voir ici, et pas forcément pro-roux: South Park, en riant des rouquins fait péter un câble à un ado américain...







... tandis que des gamins se font agresser aux Etats-Unis en raison de leur couleur de cheveux -roux, donc. En retour, des groupes facebook types "j'ai un pote roux et je t'emm****" pullulent (celui intitulé "les roux sont nos amis, il faut les aimer aussi" compte plus de 37 000 membres). C'est, à mon sens, au regard de ce contexte qu'il convient de lire "Born Free": une allégorie sur la discrimination envers les minorités -toutes les minorités, même capillaires. Gavras ramène ici au même plan roux, juifs là, musulmans ou chrétiens ailleurs, et j'en passe -la liste est malheureusement longue. Et en dit finalement beaucoup plus qu'il n'y paraît.


Alors? Claque ou pas claque?

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