Le Chabad care center met en scène une descente aux enfers Facebookienne

Publié le par M.

Chez One Slap on aime les dispositifs d’une rare simplicité souvent synonymes d’efficacité redoutable : car les meilleures idées sont souvent celles qui ne font qu’illustrer, souligner, ou rappeler l’évidence.

 

La journée étant placée sous le signe de la claque Facebookienne, nous continuons sur notre lancée (après The Colony), nous saluons l’intelligence stratégique  de Saatchi & Saatchi Johannesburg.

Le pitch : promouvoir un centre de désintox. Les belles causes sont toujours les plus évidentes à défendre me direz-vous. Pas si sûr vous répondrais-je : les Lindsay Lohan, Britney et autres starlettes déjantées ont rendu le concept de désintox totalement mainstream, in, branchouille, et désirable : aller en rehab ou le comble de la désirabilité… Pas si simple donc, de rattacher le care center à la noble cause. Entre conviction d’inefficacité, et désirabilité, retrouver sérieux et gravité n’étaient pas une mince affaire. L’insight central s’est justement appuyé sur cet univers fantasmé, sur cette romantisation de la drogue tellement en vogue chez les jeunes générations.  Et si le raccourci mannequin + agence de pub = drogue n’est pas des plus louables, il reste efficace.  Le dispositif d’activation : un profil facebook existant, 500 friends au compteur, et un roman photo qui relate une inquiétante descente aux enfers. Résultat : un buzz qui prend, une inquiétude qui monte, et une campagne admirablement pensée, centrée autour d’une strat’ solide, d’un insight fort, d’un media pertinent. Bref, encore une belle leçon de strat' digitale, et d'utilisation de social media.

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C'est visible ici.

Et comme les ravies de la pommette rosée que nous sommes, ne peuvent s’en tenir à des félicitations chaleureuses, nous émettrons deux réserves. La première étant que si l’inquiétude a effectivement grandi et grondée autour de ce profil, nul n’a bougé : les 500 friends, highly concerned, s'en sont tenus à des wall posts d'incitation à ralentir la cadence. On retrouve cette passivité angoissante, voire scandilisante de l’entourage (si bien pointée du doigt par Ni Putes Ni soumises dans sa campagne chatroulette dont nous vous avions parlé ici). Le deuxième : un reveal et une conclusion strictement facebookiens étaient-ils la meilleure option ? Parti pris certes. Mais un élargissement off line, ou strictement online, mais plus large n’auraient-ils pas participé d’une efficacité plus retentissante. La cible et les ambitions exigeaient de s’en tenir au réseau social me direz-vous. Oui mais, ajouterais-je : le levier était bien d’inciter l’entourage à réagir non ? De créer un réflexe : je vois mon ami/frère/jules bref, se détruire, je réagis : j'appelle le Chabah Care Center. Il nous semble que pour être parfaitement complète cette mécanique aurait mérité une dernière phase élargie pour toucher famille et amis non facebook addicted… Car oui, il en reste ! 

 

Ces deux bémols partagés, nous réitérons la biiiig slappy slap pour tant d’intelligence et de pertinence stratégiques, qui montrent encore une fois qu'une strat' bien pensée, amenée, réalisée, transcende une utilisation des réseaux sociaux qui s'en tient trop souvent à l'effet gadget wahou !

 

Merci @benoitbochu lecteur engagé, toujours au fait des belles initiatives.

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