Des hommes et des yahourts

Publié le par M.

Si Doc News ne vous a pas encore fait voyager, profitez de la slapette néo-zélandaise : 

Comme si Coca Zero avait remis la testostérone décomplexée et assumée à la mode, les spots militant pour une virilité affirmée fleurissent.

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Cette fois ce sont des yahourts Néo-Zélandais, les Mammoth yogurth, qui se lancent dans la course. Un joli spot quoiqu’un peu attendu : on y retrouve toutes les ficelles et tous les réflexes en vogue. La figure de l’anti-héros : le freluquet un peu pataud qui incarne une virilité décomplexée, à l’opposé des poncifs, du muscle, de la barbe, de l’effort…. Les situations caucaces « d’un homme avec un homme ». La voix off caverneuse qui permet au spot de se situer à mi-chemin entre American Pie, et un Bruce Willis survitaminé. Et bien évidemment, l’élément trop féminin pour plaire au mâle : le yahourt. Oui mais justement, un homme un vrai, le post métro-sexuel, l’überman assume de se nourrir comme les minettes. Tant que le marketeux sait lui parler. Et le spot fait bien le travail. De même que le coca zéro n’est pas du coca light, le Mammoth yogurt n’est pas un yahourt : il est onctueux ET croustillant, il est donc l’incarnation du « real man food, man ».

Si le spot fait sourire, il pose tout de même la question de l’uniformisation publicitaire.  Ce qui a marché une fois, est susceptible de marcher dix fois. Soit. Mais il est aussi susceptible de lasser mille fois plus vite.

Alors que faut-il y voir ? La gentrification de nos sociétés modernes conduirait le publicitaire à endosser le rôle de psy : pour vendre il faudrait décomplexer ? Mangez des yahourts, buvez du coca light zéro, et mettez crème hydratante + terra cotta : elle est là la nouvelle masculinité. Ou bien cette répétition est simplement la preuve que la publicité a de plus en plus de mal à se repenser, se renouveler : à être créative en somme… ?

 

 

 

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