"Dans grève, il y a rêve"....

Publié le par One Slap A Post

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Dans la rubrique vécue du slap a gogo, j’applaudis la grève sncf des deux mains.

Metro user, je n’avais pas noté l’ampleur de la grève SNCF, jusqu’à ce que…. En vadrouille dans le *** de la France, la suppression de ma navette, un tortillard qui se traine jusqu’au cœur de notre campagne, me ramène à la réalité : la grève est là où on ne l’attend pas.

 

Du coup, « en raison d’un mouvement social », la solidarité morale et/ou la compassion entre voyageurs mal lotis se décuple. Les condamnés du transport public le savent bien, la grève c’est tout l’un ou tout l’autre : soit les usagers verts de rage se tapent dessus (c’est finalement un jour comme un autre ou presque), soit (et là on se souvient de 1995) c’est la solidarité qui prend le dessus. Se propage alors une espèce de grand sentiment de fraternité – comme dirait madame S.R.

 

Pour finir dans l’anecdote perso, les trains modernes et confortables avaient ici fait place aux vieux wagons compartiments à six places que nous n’avions pas vu depuis bien longtemps. Entre usagers dépités, contrariés, inquiets, et voyageurs soulagés d’être enfin en week end, la discussion s’engage, jusqu’à cette conclusion de Madame X : « c’est dommage qu’ils aient supprimé ces compartiments, c’était plus convivial finalement ! »

 

Et c’est là que je voulais en venir. A l’heure où les contestations sociales se durcissent, où le ras le bol se généralise, où les grèves touchent tous les corps de métier, toutes les strates sociales, à l’heure où politiques over prometteurs et patrons over ingrats sont mis dans le même sac, toutes les occasions sont bonnes pour que la France d’en bas se soude, solidaire dans la contestation, bienveillante et compréhensive, à l'égard des revendications du voisin. greve.jpg

 

Ainsi les heures de train ont défilé au rythme des confidences de Madame X, auxiliaire de puériculture, de retour d’une manifestation contre les réformes de Madame Morano, Monsieur D. pendu à son téléphone tentant d’organiser son arrivée à bon port etc……  nous rappelant que dans l’adversité l’homme peut aussi laisser sa part d’humain prendre le dessus.

 

Merci donc aux agents SNCF mécontents de nous enjoindre à tant d'optimisme quant aux capacités de la race humaine!

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Dmitry Kalashnikov 12/04/2010 18:30


A la lecture du titre de ce post, je craignais un énième article super poujado contre ces enfoirés de grévistes qui empêchent les braves d'aller bosser. Eh bien non, pas du tout. Un post frais,
drôle et intelligent qui ne tombe pas dans les pièges habituels et que j'ai pris plaisir à lire. Bravo à son auteur!