Il y a des mots comme ça qui nous font bondir.... Reggaeton est de ceux là. De ceux qui quel que soit l'environnement et la situation nous font gigoter les orteils, bouncer le popotin.... Alors quand ce matin nous avons lu Lanvin + reggaeton, fatalement nous avons doublement bondi. Parce que le reggaeton est une musique de biatch assumée, et que Lanvin est un temple du chic : antithétique donc intrigant et séduisant.
Ni une ni deux, nous armons la machine à baffes, prêtes à décocher une gifle d'ampleur tant nous aimons l'idée.
Quelle ne fut pas notre déception quand :
- nous avons réalisé que pitbull faisait office de reggaeton mami.... Pitbull....
- les mannequins n'avaient rien de biatch assumées.
Et c'est sans doute là que la machine à baffe se grippe : la volonté de wtf, de choquer, de surprendre, le décalage désiré ne fonctionne pas parce qu'il n'est pas joué jusqu'au bout. Le résultat de ce mix d'éléments justes : des codes musicaux en opposition totale avec les codes de la marque et de son secteur (pour mémoire Pitbull c'est ça :
pas franchement le comble de l'élégance et du raffinement); une mise en scène et en situation parfaitement inattendues (des mannequins
expressifs on en voit peu, la moue boudeuse, ou le visage neutre et fermé est plutôt de mise), l'autodérision du directeur artistique qui vient jouer le jeu en fin de video ne nous ont finalement
pas emballés. Les déhanchés non reggaetonesques nous laissent de marbre et finissent de nous convaincre : Petit Bateau avait raison "à quoi ça sert d'avoir des vêtements si on peut rien faire
dedans". Or l'émotion est au coeur de l'acte d'achat, particulièrement dans le luxe. Si les petites robes font rêver, elles semblent contraindre le mouvement, laisser peu de place à l'émotion.
Quand aux chorégraphies faussement gauches, elles nous laissent un gout tiède. On n'assume pas la danse de biatch, mais on n'assume pas non plus le totalement maladroit.... On n'est ni chaud ni
froid en somme. Or il n'y a rien de pire que le consensus mou.
En conclusion, nous décernons une slapette pour le principe, et une bad slap pour la réal'. Oui, nous aussi on fait dans le consensus
mou....




